Lâcher le besoin de contrôle

Le contrôle, chez l’humain, c’est une obsession.
Je parle ici du contrôle de l’autre, bien sûr.
Mais d’abord du contrôle de soi.

Pas d’éducation à vivre ensemble, pas d’apprentissage d’être humain.
Plutôt de celui qui nous permet de mentir aux autres et de se mentir, aussi.

Du contrôle qui étouffe, qui écrase notre sensibilité, notre singularité, notre authenticité. Tout ça pour paraître fort·e, pour dissimuler notre vulnérabilité. Résultat ? En voulant tout contrôler, on ne contrôle rien.
Ni nos peurs, ni nos angoisses.

Tout ce qui nous reste, c’est la bravade, la mauvaise foi, et trop souvent une colère mal dirigée, mal comprise, contre l’autre, contre soi.

Oui. Le contrôle, chez l’humain, c’est une obsession.
Et le contrôle de l’autre, une fuite en avant. Une illusion. Une illusion source d’injustice et de souffrance.

On ne peut pas contrôler le vivant.
On peut l’emprisonner, l’asservir, le modifier, le détruire.
Mais pas le posséder — à moins d’être dans un récit fantastique, d’horreur ou de science-fiction.

Il y a toujours une part de l’autre qui nous échappe.

On le sait, je crois, au fond de nous : le besoin de contrôle est une quête inutile.
Une perte de temps. Une perte de soi.
Un mur que l’on se prend, souvent dans les pires moments.

Pourtant, on continue à essayer de contrôler l’autre au lieu d’apprendre à être avec, au lieu d’apprendre comment l’apprivoiser.

Bien sûr, on continue à essayer de contrôler notre image au lieu d’apprendre à écouter, comprendre et accepter nos peurs comme nos autres émotions qui dérangent.

Avec les chevaux, ce besoin de contrôle est trop souvent exacerbé. Il se dissimule sous de nombreux masques, de nombreux mots : maîtrise, domination, protection, sécurité.

Scoop : on ne peut PAS contrôler 500 kilos de puissance et de sensibilité.

On peut contraindre. Enfermer. Éteindre.

On peut croire qu’on maîtrise.

Alors qu’en fait, on ne maîtrise rien du tout. On est juste la marionnette d’un mental obsédé par le besoin de contrôle.

Jusqu’au jour où la vérité nous explose à la figure.

Parfois, c’est juste notre fonctionnement psychologique qui se fait pulvériser.
Parfois, c’est notre corps – et on se retrouve sur un brancard, avec une commotion ou une côte fêlée (dans le meilleur des cas).

Une chose est sûre, en tous cas : quand tout nous explose à la figure, on finit par se remettre en question. Et surtout, à réfléchir à ce qui nous a mené à cette situation.

Comment un·e enfant accro aux poneys, à l’esprit de liberté, à la complicité partagée et à la tendresse, a pu se transformer en robot dissocié de tout et surtout de luiel-même ?

Parfois, il suffit d’un équidé…

Et tout devient chaos.

Ce chaos est là pour nous apprendre à lâcher.

Lâcher nos peurs.
Lâcher nos frustrations.
Lâcher nos croyances et nos jugements tout faits.

Lâcher l’idée qu’on sait.
Lâcher l’idée qu’on est nul·le.
(Ces deux-là ne sont pas si opposées que ça puisqu’elles nous évitent d’avoir à avancer, chercher, trier, apprendre…)

ET SURTOUT, SURTOUT, lâcher ce foutu besoin de contrôle qui gâche nos vies à force de les diriger !

C’est à ce moment-là, je crois, que le chemin commence vraiment.

Un chemin vers l’authenticité.
Un chemin où l’on apprend à oser être vulnérable, à oser être soi-même. Et la plupart du temps, ce cheval, cette jument qui a foutu toutes nos certitudes en l’air est là pour nous accompagner, nous aider à grandir et grandir à nos côtés.

Un cheval brun étant caressé par une main, avec un fond flou de pâturage.
Photo : Véronique Chérubin Venancio
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Auteur/autrice : Charlotte Bousquet

Comportementaliste équine certifiée (Equitalliance) Autrice et scénariste Communicatrice animalière

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