TIPS pour une équitation militante

Logo stylisé d'un cheval avec des ondulations orange et turquoise.

Hier, sur la page de l’ISES, j’ai répondu à une enquête menée par une étudiante anglo-saxonne. Le thème ? La façon dont les cavalierEs perçoivent un comportement « problématique » chez un cheval et les solutions qu’iels envisagent pour le corriger. Sur la majorité des vidéos proposées, le problème était provoqué soit par une douleur non prise en compte (raideur, dorsalgie, etc.), soit par l’attitude des cavalierEs (mains dures, mal positionnées, trop en avant, etc.). Deux autres montraient une défense acquise. Le dernier était juste l’expression d’un comportement normal (il fallait juste s’assurer de la conformité des conditions de vie du loulou). Cela m’a montré une fois encore à quel point nous sommes conditionnéEs à ignorer les signaux de communication des équidés… et à répondre trop souvent par la violence à toute expression de douleur, de mal être ou d’incompréhension.

Le pire, en échangeant il y a moins d’une heure avec une copine qui souhaite que son fils découvre le monde équestre, j’apprends que dans un gros club de région parisienne: c’est normal pour un môme de 10 ans de cravacher son poney « s’il ne répond pas », c’est normal de pleurer quand on chute, c’est normal pour une ponette d’être tellement abattue qu’elle ne réagit plus à rien.

J’ai appris à monter comme ça. Il y a très longtemps. Ca m’a traumatisée. Ça m’a rendue doublement maltraitante. Envers les poneys et chevaux que je montais et aussi, envers moi-même. Parce que je n’étais pas profondément pas en accord avec les ordres qu’on m’aboyait (hurler sur les gosses n’est pas enseigner). Parce que j’allais au poney la boule au ventre à l’idée qu’on m’en attribue un qui me foutait la trouille, qu’on fasse un cours avec du CSO, ou du galop individuel, avec une monitrice qui confondait apprentissage et humiliation. Mais je les aimais, les poneys. Berlingot, Arlequin, Jupiter, et les autres. Alors je serrais les dents. J’y allais. Je ne comprenais rien mais je me fâchais puisqu’on me le demandait. Je pense, avec le recul que j’étais complètement dissociée. Il m’a fallu des années de détricotage, de réapprentissage, de remise en question et surtout de pansage de plaies, de traumas, pour adoucir les cicatrices laissées par ces années-là.

Demander pardon à tous ces poneys et chevaux que j’ai -mal – aimés.

Tête d'un cheval curieux regardant à travers une clôture en bois, avec un arrière-plan flou de la forêt.
Dîn, par Véronique Chérubin Venancio

Me former, encore et encore, pour devenir une femme de cheval, pour rendre aux équidés la dignité et le pouvoir qui leur ont été volés. Et aider les humainEs à devenir les équitantEs bienveillantEs dont le monde de l’équitation en général et nos partenaires équins ont besoin aujourd’hui.

Cela commence par des conseils à celles et ceux qui veulent débuter l’équitation ou inscrire leurs enfants au poney. J’ai déjà fait plusieurs réels sur le thème, ainsi qu’une vidéo sur ma chaîne YouTube. Boycottez les lieux où la maltraitance et la violence sont tolérées voire encouragées. Même si c’est près de chez vous. Parce que vous participez à une machine à broyer chevaux et humains. Croyez-moi ! Mieux vaut privilégier des stages pendant les vacances scolaires, dans des endroits sains, où on apprend à être avec les chevaux et poneys avant de leur monter dessus, où un parcours d’obstacles peut se faire dans la bonne humeur, sans crainte de tomber ou de se faire embarquer (allez, cadeau : la peur des cavalierEs contamine leur partenaire… vous la voyez, la contradiction ?), où enfants et adultes apprennent l’importance du respect de l’autre et de soi, du lien, de l’amitié que l’on tisse avec un individu d’une autre espèce.

Logo stylisé d'un cheval avec des lignes orange et bleu.

Et vous, adultes, peut-être déjà cabossés par une société qui vous demande d’étouffer votre sensibilité, vos valeurs et votre personnalité, demandez-vous pourquoi les chevaux vous attirent. Est-ce pour la liberté qu’ils représentent ? Est-ce pour leur beauté ? L’envie de créer un lien puissant et profond avec un être auquel on ne peut mentir ? Si ces mots vous touchent, alors offrez-vous un cadeau : faites des kilomètres, à pied, en vélo, en train ou en voiture, s’il le faut pour apprendre à approcher les chevaux et l’équitation dans des conditions qui seront safe, respectueuses et enrichissantes pour vous comme pour votre partenaire équin.  

Et si vous avez juste besoin d’un défouloir ou de goûter l’ivresse de la vitesse, essayez la boxe, le ski (nautique ou pas) et la moto ! Vous vous sentirez beaucoup mieux et aucun être vivant n’aura subi de violence…

Quant à mes collègues professionnel.le.s du monde équestre, au lieu de vous alarmer quand des « animalistes extrémistes » (lol) parlent d’interdire l’équitation (ce qui est absurde, on est d’accord), peut-être serait-il intéressant que vous agissiez ?

En acceptant de vous questionner sur vos pratiques équestres. En prenant exemple sur celles et ceux qui enseignent l’équitation et le rapport aux équidés autrement. En boycottant les concours qui se déroulent dans des clubs où l’usage de la cravache (et des éperons) est la norme, comme l’humiliation des équitantEs.

Et surtout, surtout… en vous rappelant les toutes premières fois où vous avez donné votre cœur à un poney…. Et où il vous a offert le sien.

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Auteur/autrice : Charlotte Bousquet

Comportementaliste équine certifiée (Equitalliance) Autrice et scénariste Communicatrice animalière

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